Énergies renouvelables & concertation locale « Le dialogue doit s’ouvrir dès le premier jour »

Implantée en France depuis 2003, l’entreprise W.E.B Énergie du Vent développe et exploite des parcs éoliens et de grandes centrales solaires. Harold Perrot, Responsable du développement dans le Nord-Ouest et Responsable des Affaires publiques, revient sur les freins politiques et administratifs rencontrés sur le terrain, tout en détaillant les clés d’une concertation territoriale réussie et le rôle d’un tiers neutre, comme Quelia, pour apaiser les débats.

En tant que Responsable du développement dans le Nord-Ouest, quels sont, selon vous, les principaux défis actuels pour le développement des projets éoliens et photovoltaïques dans la région ?
Harold Perrot : « Dans le Nord-Ouest (Normandie, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire), le déploiement des énergies renouvelables se heurte d’abord à des freins politiques régionaux. Certaines régions imposent une vision restrictive dans les documents de planification comme le SRADDET (Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires) ou les PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal).
À cela s’ajoutent de lourdes contraintes techniques et réglementaires : les servitudes aéronautiques militaires pour l’éolien, ainsi que les chartes départementales restrictives imposées par les Chambres d’agriculture pour le solaire. De plus, malgré la Loi APER de 2023 (loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables), la surcharge des services instructeurs (ICPE pour l’éolien, permis de construire pour le solaire) entraîne d’importants retards d’instruction.
Enfin, si l’accueil reste globalement très favorable au niveau des conseils municipaux, les blocages se déplacent en phase de chantier en raison des difficultés de raccordement et des incertitudes sur les tarifs de l’énergie fixés par l’État. »

Dans un contexte politique et réglementaire en constante évolution, comment réussir à maintenir un dialogue de confiance et pérenne avec les élus locaux et les collectivités ?
Harold Perrot : « La clé réside dans une transparence totale et le respect rigoureux des élus, en intégrant pleinement les contraintes de leur mandat et de leur budget. Pour instaurer cette relation de confiance sur le temps long, nous déployons des outils de communication réguliers : des réunions de concertation dédiées, des lettres d’information d’avancement et un dialogue permanent avec les mairies, les intercommunalités, mais aussi les acteurs du territoire comme les associations environnementales, les agences de biodiversité et les chasseurs. »

W.E.B. Energie du Vent accorde une place centrale à la participation des citoyens et à la transparence. À quel moment du projet estimez-vous qu’il faut ouvrir le dialogue avec les riverains et acteurs locaux ?
Harold Perrot : « Le dialogue doit s’engager dès le début du projet. Chez W.E.B Énergie du Vent, nous posons comme condition préalable l’obtention d’une délibération favorable du conseil municipal avant toute démarche. Le développement s’étalant sur du temps long (2 à 3 ans avant la consultation publique), l’information ne doit pas être différée. Concrètement, nous organisons 4 réunions thématiques de concertation avant le dépôt du dossier :
1. La présentation initiale de la démarche
2. La co-construction des mesures d’accompagnement.
3. La restitution des études paysagères et écologiques
4. La présentation du schéma d’implantation final
Ces temps d’échange réunissent l’ensemble des parties prenantes – maires, conseillers municipaux, exploitants agricoles, habitants, chasseurs, associations locales, communes voisines, associations environnementales – et nous prenons leurs remarques pour ajuster notre projet. »

Vous avez collaboré avec Quelia sur plusieurs projets. Quels bénéfices concrets apporte une démarche de concertation sur le déroulement et la sérénité d’un projet EnR ?
Harold Perrot : « Faire appel à un organisme de concertation tiers et neutre comme Quelia apporte un cadre structuré et impartial qui permet de canaliser les tensions. Par exemple, sur un projet dans la Somme, l’intervention de Constant Delatte, concertant de Quelia, a permis de recadrer un participant très virulent tout en garantissant un espace de parole équitable à chacun. Cette posture de médiation neutre rassure les participants, désamorce les conflits et apporte une réelle sérénité tout au long de la conduite du projet.»

Enfin, en tant que Responsable des Affaires publiques, qu’attendez-vous de la filière sur les questions énergétiques au niveau régional ou national ?
Harold Perrot : « J’attends des syndicats professionnels (France Renouvelables, Enerplan, SER) une action collective pour défendre la filière dans les textes de loi et, comme par exemple, actuellement avec le Projet de Loi de Finances (PLF). Ils ont un rôle majeur à jouer pour promouvoir les EnR auprès des décideurs politiques et échanger directement avec les candidats ou leurs représentants — comme l’a illustré la présence de la ministre Maud Bregeon le 7 octobre 2026 au Colloque national de France Renouvelables.
Au-delà du plaidoyer, la filière doit mener une communication pédagogique continue pour déconstruire les fausses informations, particulièrement à l’approche des échéances électorales, tout en restant très active auprès des instances de régulation (CRE, DGEC). Nous devons également renforcer nos synergies avec les acteurs économiques et institutionnels clés, tels que l’ADEME ou l’armée.
À l’échelle locale, les syndicats sont indispensables pour maintenir un lien direct avec les DREAL et les Préfectures. C’est ce canal qui permet d’échanger sur nos contraintes opérationnelles, notamment les délais d’instruction des autorisations ou encore le calendrier des enquêtes publiques.
Enfin, alors que la filière s’est remobilisée cette année pour défendre ses compétences, face aux incertitudes économiques, aux difficultés de raccordement et aux révisions tarifaires rétroactives dans le solaire, nous devons plus que jamais faire bloc pour sécuriser les investissements et préserver les emplois du secteur. »

A propos de W.E.B Énergie du Vent
W.E.B Énergie du Vent est un producteur indépendant d’électricité d’origine renouvelable, spécialisé dans le développement, la construction et l’exploitation de parcs éoliens terrestres et de centrales photovoltaïques. Entreprise d’origine autrichienne fondée par des agriculteurs, W.E.B Énergie du Vent a bâti son modèle sur la participation communautaire et l’ancrage territorial des projets. Active dans 8 pays sur 2 continents (Autriche, France, Allemagne, Canada, États-Unis, Slovaquie, etc.), l’entreprise rassemble entre 250 et 300 collaborateurs.

W.E.B Énergie du Vent en France
Présente sur le territoire français depuis 2003, une vingtaine de collaborateurs développent et exploitent des parcs éoliens et de grandes centrales solaires, principalement dans le Nord-Ouest et l’Est de la France.

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